Mis à jour en octobre 2026 · Val-d’Oise (95)
Quatre types de fissures, quatre réponses
Une fissure se lit d’abord à sa largeur et à sa forme. Les seuils ci-dessous sont ceux couramment utilisés par les professionnels ; ils orientent, mais seul un examen sur place permet de conclure.
- Microfissure ou faïençage (moins de 0,2 mm) : réseau fin dans l’enduit ou la peinture, sans effet sur la solidité.
- Fissure fine (0,2 à 2 mm) : droite, verticale ou oblique, souvent due au retrait de l’enduit ou à des écarts de température.
- Fissure en escalier : elle suit les joints de la maçonnerie et peut signaler un mouvement du sol ou un tassement.
- Lézarde ou fissure structurelle (plus de 2 mm) : large, souvent traversante ou évolutive, parfois accompagnée de portes qui coincent.
Comment savoir si une fissure bouge
Marquez au crayon chaque extrémité de la fissure avec la date, puis revenez au bout de 30 jours. Si la fissure a dépassé les repères, elle est active. Un fissuromètre, jauge collée sur la fissure, permet de suivre l’évolution sur 3 à 6 mois avec plus de précision.
Photographiez-la avec un objet de référence pour l’échelle et notez l’orientation de la façade, la hauteur et la proximité d’une ouverture. Ces repères aident le façadier à poser son diagnostic.
D’où viennent-elles ?
Quelques causes reviennent dans la plupart des cas :
- Le vieillissement de l’enduit, qui perd son élasticité après une quinzaine d’années.
- Le retrait et les variations de température, qui font travailler l’enduit entre l’hiver et l’été.
- Le gel, qui élargit les microfissures quand l’eau s’y infiltre.
- Le retrait et le gonflement des argiles du sol, qui font bouger les fondations des pavillons sur terre-plein lors des étés secs.
- Un tassement différentiel ou la jonction de deux matériaux ou de deux bâtiments construits à des époques différentes.
Les sols argileux du Val-d’Oise
Le BRGM a cartographié l’aléa de retrait-gonflement des argiles dans le Val-d’Oise, et le site Géorisques permet de le consulter par adresse. Sur un sol argileux, une fissure en escalier en pied de mur ou à un angle doit être surveillée, surtout après un été sec.
Si votre commune est reconnue en état de catastrophe naturelle pour la sécheresse, votre assurance habitation peut prendre en charge les dégâts. La déclaration doit être faite rapidement après la publication de l’arrêté : conservez photos et relevés datés avant toute réparation.
Le prix du traitement d’une fissure
Le traitement se chiffre le plus souvent entre 30 et 80 € le mètre linéaire, selon la largeur, le support et l’accès. Une microfissure isolée se traite avec le ravalement pour un coût modeste ; une fissure en escalier ou une lézarde demande un diagnostic avant tout devis, et peut relever d’un bureau d’études.
Traiter tôt coûte moins cher : une fissure laissée ouverte laisse entrer l’eau, qui élargit la fissure au gel suivant et abîme l’enduit autour. Pour une maison de 120 m², la reprise de quelques mètres de fissures fait partie des postes ordinaires du devis.
Bricoler ou appeler un professionnel ?
Un faïençage ou une fissure fine stabilisée, de moins de 2 mm et sur surface plane, peut se traiter avec soin avec un produit souple adapté. Dans tous les autres cas, une fissure en escalier, une lézarde ou une fissure qui évolue appellent un professionnel.
Évitez le mastic de salle de bain, le plâtre sur une fissure active et la peinture ordinaire sur un faïençage : la fissure revient, plus large.

